6h du matin .
Je me suis réveillée fatiguée . Un verre d'eau vite fait avalé, et je retourne me coucher, attendre le dernier moment pour me lever . Ce moment où tu te dis "c'est bon, cette fois j'bouge mon cul, j'vais être en retard ."
Et puis non . La flemme . On pourra m'attendre, me désirer ardemment, je ne bougerai pas .
À quoi j'ressemble ? Moitié en vie, l'autre au ralenti, dans un état second, souvent, je repousse les limites et crée un trou béant entre le reste du monde et Moi .
La perspective de tomber dans ce trou me fait peur . Mais je me dis que c'est la même chose pour tous : on continue d'avancer, un peu plus près du bord, le but c'est de rester debout, comme un funambule . Ceux qui ont tendance à faire de leur vie un numéro d'équilibriste savent de quoi je parle .
Mais encore une fois, j'eus peur de sombrer .
Et le voilà, ce foutu moment : dans un ultime effort, je lève ma misère du lit, je m'fous une claque et me dis que dans un mois y'a les concours, et j'ai encore rien foutu .
Faire une critique des derniers films que j'ai vu . Laisser libre court à mon cynisme . Parler mal et dire 'DIIINGUE' le plus de fois possible . Faire du tourisme sexuel à Stras' le prochain week end . Squatter la Fnac . Me bourrer la gueule avec Lui en pensant à Eux . Ecrire le scénario de mon premier court métrage . Me trouver un nom de scène . Réparer ma caméra . Lire Mein Kampf . Oublier Mein Kampf . Appeler le théatre . Peindre . M'épiler . Faire semblant de m'intéresser à ce qu'elle dit . Trouver des fringues beiges . Apprendre mes scènes . Perdre quelques kilos . Réserver un hotel à Londres . Etre la Reine du Monde .
Vous savez tout de mon état d'esprit maintenant .
